Homo Bellator

Couverture du livre Homo Bellator de Carlos Tinoco

Un être humain ne pose pas ses pieds sur le sol. Il pose ses pieds sur un récit.

Homo Bellator, Éditions Hermann, 21 octobre 2026.

Ce que propose le livre

Deux comédiens montent sur un plateau. Ni rôle, ni histoire, ni consigne. En quelques secondes, sans un mot et sans s’être concertés, ils se retrouvent dans la même situation, avec un passé commun qu’aucun des deux n’a inventé seul.

Le plateau n’invente rien. Il retire seulement ce qui, d’ordinaire, recouvre l’opération. Deux inconnus dans un ascenseur, un premier rendez-vous, une réunion qui tourne mal : quelque chose s’y construit de la même façon, immédiatement, entre les corps, avant toute décision et sans que personne en décide. Nous passons nos journées à le faire. Nous ne savons pas comment.

C’est de là que part ce livre. Nous ne percevons jamais un monde brut auquel nous ajouterions ensuite du sens. Nous fabriquons en permanence des images, des récits, des atmosphères dont nous ne nous savons pas les auteurs, et c’est là-dessus que nous tenons debout. Ce travail ne s’arrête jamais. C’est lui qui rend un monde habitable.

Il pourrait se faire de mille façons. Or presque partout il a pris la même forme : la guerre contre le groupe voisin, la souffrance infligée aux enfants pour faire d’eux des adultes, et la séparation des hommes et des femmes en deux mondes qu’il fallait tenir étanches. Trois choses sans rapport apparent, qu’on trouve pourtant ensemble en Amazonie, en Papouasie, dans l’Himalaya, et chez nous sous d’autres habits. Pourquoi celles-là ? Et pourquoi ensemble ?

Le livre suit cette question. Il fait l’hypothèse qu’une autre manière de construire du lien, des groupes, des institutions, existe depuis toujours, à bas bruit, dans les endroits que nous avons appris à ne pas regarder. Et que quatre révolutions anthropologiques convergentes sont en train de défaire ce qui faisait tenir la première. Ce que nous vivons comme un effondrement en est peut-être l’effet. C’est ce qui rend notre époque si difficile à lire. C’est peut-être aussi ce qui la rend porteuse d’espoir.

Le livre nomme cette forme dominante le mode agonistique d’édification du symbolique, et la seconde le mode anarchique, sans arkhè, sans principe de domination antérieur qui en garantisse la cohérence.

Depuis Les surdoués et les autres, vers l’infini et au-delà

Après Les surdoués et les autres, le regard s’élargit : la question n’est plus seulement celle de l’écart à la norme, mais celle de la forme que prennent nos relations lorsque le conflit devient une manière de nous définir et de tenir ensemble. Des rites initiatiques à la naissance des États, de la famille au cabinet du psychanalyste, le livre suit les endroits où réapparaît, sous des formes très différentes, une même grammaire agonistique. Et si le problème n’était pas seulement de faire cesser la guerre, mais d’inventer des relations qui n’aient plus besoin d’elle pour tenir ?

Où trouver le livre

Homo Bellator. Pourquoi nous faisons-nous la guerre partout, tout le temps ?
Carlos Tinoco
Éditions Hermann — 21 octobre 2026
ISBN : 9791037049117 — 22 € — 14 × 21 cm

L’auteur

Carlos Tinoco est ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé de philosophie. Il exerce comme psychanalyste depuis près de vingt ans et a publié deux essais consacrés à la question de l’intelligence.