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Extrait de l’ouverture du livre : invitation au lecteur

Sandrine Gianola : Voici trois amis. Ils viennent de s’asseoir à table. Devant eux fume une tisane ou luit un verre de vin. C’est selon le jour et l’humeur. Trois voix s’élancent, échangent, débattent et confrontent leur vécu comme leur pratique. Comme chaque fois, aucun ne regardera sa montre.

C’est autour de cette table, toute simple, où nous nous retrouvons si souvent, que j’invite le lecteur, et ses mille et un visages, comme quatrième participant. Je considère souvent cette chaise vide: elle est, pour moi, pleine de présence. J’aimerais que ce livre soit un partage vivant, loin des discours ronflants d’autorité. Un livre de recherche, un instantané du cours bouillonnant d’une pensée, prise sur le vif, et pour autant qui ne lâche rien de l’exigence et de la rigueur auxquelles je nous
crois attachés. À cette table, je sais que mon désir d’humilité est partagé: pas de parole d’expert, ni de sacralisation de l’écrit. Le lecteur est invité à empoigner ce livre au collet et à en découdre sur un même pied. Ici, nous travaillons autant sur nous‑mêmes que sur la théorie que nous produisons. Cet essai est la trace d’un passage. Si pour autant nous pensons qu’il vaut la peine d’être rendu public, c’est en raison du caractère inédit de nos hypothèses concernant la « douance1 », en raison
aussi de nos pratiques cliniques et épistémologiques.

Depuis des années, nous menons une recherche sur la question des dits « surdoués », et au‑delà, sur celle de l’intelligence. En partant de nos vécus, d’enfants et d’adultes, mais aussi de nos pratiques cliniques, nous avons à cœur de montrer comment peut s’ouvrir la réflexion, au‑delà de
l’aspect si réducteur des performances cognitives hors norme de certaines personnes. Le premier livre ouvrait beaucoup de pistes, il était temps de les poursuivre.

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